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Nouvelles du terrain

15 avril 2020

Quinze années de lutte contre la tuberculose en Afghanistan

«Rien ne dit mieux l'importance et le succès du projet japonais de lutte contre la tuberculose que ces paroles d'Afghans : "Grâce à la JICA, nous pouvons aujourd'hui faire reculer la tuberculose par nous-mêmes".»

Ce témoignage nous vient de Mitsuo Isono, conseiller senior de la JICA sur le projet de lutte contre la tuberculose en Afghanistan. Cela fait maintenant près de 15 ans que la JICA déploie une coopération dans ce domaine, et aujourd'hui, la notification des cas et le taux de succès thérapeutique en Afghanistan sont conformes aux normes établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La tuberculose est l'une des trois grandes maladies infectieuses avec le VIH/sida et le paludisme et il s'agit d'une pathologie grave que les pays en développement doivent absolument éradiquer.

PhotoMise en culture de la bactérie lors d'une formation sur le terrain au laboratoire national de référence pour la tuberculose en Afghanistan.


Formation de personnel et restructuration de l'organisation depuis 2004

L'infrastructure sociale de l'Afghanistan, notamment son système de santé, s'est effondrée après l'invasion soviétique de 1979 et la guerre civile qui a suivi. Selon une estimation de l'OMS, entre 2003 et 2006, le nombre de patients atteints de tuberculose en Afghanistan se situait entre 60 000 et 70 000 tandis que celui des décès dépassait les 20 000.

PhotoL'Institut national de lutte contre la tuberculose, où se trouvent le bureau de projet de la JICA et le bureau du programme national de lutte contre la tuberculose du ministère afghan de la Santé publique. Créé en 1978 avec un don du Japon avant d'être détruit par de longues années de guerre civile, l'Institut a pu être rénové grâce à des financements du gouvernement japonais en 2003. (Photo prise vers 2006)

M. Isono se souvient du début du projet : «Les premières étapes consistaient à établir une organisation et à développer les ressources humaines pour lutter contre la tuberculose en Afghanistan. Le projet a été conçu pour permettre aux Afghans de détecter et de traiter les cas de tuberculose par eux-mêmes. Nous avons fourni des conseils et des suggestions pour démarrer sur des bases solides : méthodes de diagnostic et de traitement standards, gestion des médicaments et système de rapports pour l'identification des patients». Lorsque le projet de lutte contre la tuberculose a commencé en 2004, il n'y avait «quasiment aucun dispositif en place».

Longtemps, la sécurité est restée problématique. Nous avons travaillé de concert avec le personnel du programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) du ministère de la Santé publique pour diffuser diverses pratiques dans l'ensemble du pays et promouvoir des mesures plus efficaces. Mais en raison des restrictions de voyage et des problèmes de sécurité, les experts japonais n'ont pas été en mesure de mener des inspections ou de superviser le programme de formation sur site. Le Japon a réussi à apporter une aide constante en dépit de ce contexte difficile.

«En 2014, la deuxième moitié du projet était presque entièrement terminée via une aide à distance. La situation était frustrante, mais nous avons fait au mieux. À l'époque, le personnel afghan et celui du PNLT travaillaient sans relâche et j'étais très admiratif devant leur formidable enthousiasme et leur volonté de changer la situation de leur pays», se souvient M. Isono.

PhotoDes stagiaires apprennent de nouvelles techniques de test.


Aide à la collecte de financements

Le financement a été un autre obstacle majeur. Conscient de l'importance de la lutte contre la tuberculose, le gouvernement afghan avait alloué un budget national à ce domaine. Mais face au manque de moyens, il a dû faire appel à des financements externes.

Dans ce contexte, la JICA a soutenu la candidature du gouvernement afghan auprès du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ce fonds mondial établi après le sommet du G8 à Okinawa en 2000 a pour but de fournir un soutien financier pour la prévention et le traitement des trois grandes maladies infectieuses qui touchent les pays en développement.

Parallèlement à son aide pour la rédaction de la demande de financement et la préparation de documents, la JICA a également fourni une aide en tant qu'«organisation de gestion de fonds fiduciaires» en assumant la responsabilité de la gestion opérationnelle du fonds. Il est assez inhabituel pour les agences d'aide bilatérale comme la JICA de gérer ce type de fonds international. «Cela a été rendu possible par le lien de confiance solide établi entre la JICA et l'Afghanistan», selon M. Isono.

Atteinte des cibles de l'OMS

PhotoAtelier sur les mesures de lutte contre la tuberculose à destination des femmes animé par le PNLT et des experts japonais de la JICA. Toutes les activités ont été menées en respectant les demandes et l'autonomie du PNLT. La relation de confiance continue de s'approfondir et de se renforcer.

L'année dernière, le projet de la JICA contre la tuberculose en Afghanistan est arrivé à son terme au bout de près de 15 années d'aide. Le projet a obtenu de nombreux succès, en permettant notamment d'atteindre les cibles de l'OMS en matière de notification de cas et de taux de succès thérapeutique. Ces réussites sont le résultat d'une coopération continue déployée par de nombreux experts japonais hautement compétents dans un esprit de respect de l'indépendance du peuple afghan.


PhotoUne clinique temporaire dans un camp de réfugiés de la banlieue de Jalalabad, dans la province de Nangarhar, à l'est du pays. Des mesures de lutte contre la tuberculose sont actuellement mises en œuvre dans les principaux camps de réfugiés partout dans le pays.

«Pour aller plus loin, il est urgent d'étendre le système de dépistage des femmes et des enfants et de fournir des traitements plus intensifs pour les formes de tuberculose résistantes aux médicaments. Le diagnostic moléculaire et l'introduction de technologies innovantes utilisant les TIC doivent encore être mis en œuvre. Si de nombreux défis restent à relever, la JICA a soutenu la formation de ressources humaines jeunes et talentueuses au cours des dernières années. Nous pensons que le développement de ce vivier de compétences permettra à l'Afghanistan de réaliser des progrès autonomes dans la lutte contre la tuberculose.»

M. Isono encourage de tout son cœur l'Afghanistan à se construire un avenir meilleur.



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